Πέμπτη, 27 Απριλίου 2017

Maria Zakharova, une diplomate sans les gants

Maria Zakharova. La diplomate russe regrette les refus répétés des Occidentaux de s'entendre avec Moscou. ©MAXIM SHEMETOV/REUTERSRussie. Parmi les cent femmes les plus influentes au monde, selon le dernier classement de la BBC, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Vladimir Poutine nous dit ses vérités dans un contexte marqué par le terrorisme et la guerre en Syrie.

Il n’y a pas une seconde d’hésitation, pas un mot qui ne vient pas, pas un doute. D’un caractère entier, Maria Zakharova répond avec une pointe d’amertume, persuadée que les relations avec l’Occident se sont dégradées alors qu’elles auraient dû être au mieux. Ne serait-ce que pour faire face au terrorisme. Quand elle nous reçoit dans son bureau de Moscou, dans un bâtiment de style néoclassique flambant neuf qui jouxte l’impressionnante tour du MID (ministère des Affaires étrangères), le souvenir de l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg est encore frais : « Hélas, ce n’est pas une nouveauté, notamment pour les habitants de Saint-Pétersbourg, ils étaient nombreux dans l’avion qui a explosé au-dessus du Sinaï en 2015. » Un défi pour la Russie qui est confrontée au terrorisme international dans le Caucase depuis les années 1990. « Où étiez-vous tous quand nous avions besoin de vous dans les années quatre-vingt-dix ? Des centaines d’enfants ont été ciblés expressément. Nous assistons à une nouvelle montée du péril terroriste et nous avons proposé un front global contre le terrorisme. Nous n’avons toujours pas de réponse… »
Maria Zakharova est ainsi. Pas de langue de bois chez cette diplomate de 41 ans, née à Moscou mais qui a passé son enfance à Pékin. Directrice de l’information et de la presse du ministère des Affaires étrangères depuis 2015 et première femme à ce poste, elle est en première ligne dans sa salle de presse et sur les réseaux sociaux où elle imprime son style. Sur son grand bureau de verre, six téléphones, dont trois sont des lignes spéciales portant le sceau de l’aigle bicéphale, l’un de ceux qu’a dû employer Poutine en 2001, étant le premier à proposer une coopération à Georges Bush au lendemain du 11 Septembre. « Hélas, les États-Unis n’ont pas donné suite. On voit la conséquence de cela en Afghanistan, la situation est critique et se nourrit du trafic de drogue dont la production atteint des sommets et qui permet de financer le terrorisme »

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